L’AMOUR ET LA FOLIE – Collas

Philippe Collas met ses pas dans ceux de La Fontaine. Il y joue avec un art du récit, non sans un certain humour. Il y a une petite musique, qui s’échappe des pages. Un morceau de réalité, une once de fantaisie et deux doigts d’enquête. Un policier avec des effluves d’histoire.

A la base, ce n’est pas forcément my cup of tea. Mais après tout pourquoi pas. C’est bien dans la découverte que réside le plaisir, alors je me suis donc lancé.

On a un meurtre, une victime, le marquis de Sorel, un tueur et donc une enquête. Le décor du roman policier classique est dressé. Ici point de revers social, point de crainte, juste la volonté du lecteur de décrypter l’énigme avant la fin, devancer l’intelligence de l’auteur.

Jean de la Fontaine a acquis la charge de maître particulier triennal des eaux et des forêts du duché de Château-Thierry. Fondamentalement, ce n’est pas une grande passion. Il traite les querelles locales, vit et se lasse de son épouse qu’il délaisse facilement. Au gré des événements, il acquiert la matière à de nombreuses fables. Il n’est pas encore complétement parisien. Pourtant, Madame de Sévigné, marquis et laquais gravitent dans cet univers. A la réception d’une missive, La Fontaine part pour le château de Sorel. Fait qu’il se retrouve très vite avec un souci de taille. Le corps du marquis de Sorel est retrouvé dans sa chambre. Elle est verrouillée. Aucune blessure, pas de trace de lutte. Pas d’arme. Le mystère se fait – la chambre était-elle jaune ? Le tueur est terré dans le château de Sorel. Et avant d’en tirer une fable – l’Amour et la Folie, qui je vous le rappelle est une allégorie / La Folie, guide de l’Amour – Jean de La Fontaine doit revêtir ses atouts de détective et dénouer l’intrigue.

Il est agréable de savourer le style assez relevé Philippe Collas qui sans être précieux, s’immisce avec humour dans ce 17ème siècle. Fait, on se prend à avoir envie de relire quelques fables, à apprécier à nouveau, Agatha Christie mais aussi Gaston Leroux.

Faire d’un personnage réel un détective, le plonger dans son élément et nous offrir un policier différent, était une gageure. French Pulp a relevé le gant avec cette nouvelle collection qui mérite un détour. Gageons, que cet ouvrage qui inaugure la série, ait quelques petits frères. Et rappelons-nous, que « Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez (Pauvre Bouc ou lecteur ?) ; L’autre (fut-il renard ou écrivain ?) était passé maître en fait de tromperie » et qu’« En toute chose il faut considérer la fin. »

Editions French Pulp

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