LUX – Mayeras

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Entre fulgurance et puissance lourde. Lux, quel titre pour un roman aussi noir… L’atmosphère y  est dense, pesante, implacable. Je ressors de cette lecture perturbé. L’enfance cabossée, des monstres de toutes parts, Maud a le don pour susciter le malaise. Il te happe. Le lecteur est alors saisi d’émotions contradictoires. Une envie de rejet. Pourtant tu t’accroches. Tu sers les dents parce que c’est bon. Très bien écrit.  77 forts et courts chapitres dévorés en apnée. Résultat, un sentiment d’oppression. Un casse-tête suffocant et la joie d’en être sorti. Secoué !

J’avais mis ce livre de côté. Il est certains ouvrages qui vous demandent de patienter. Tu les poses dans un coin en attendant d’être apte à les affronter. J’avais déjà lu Maud. Je connaissais son aptitude à la précision.  Cette capacité à embarquer le lecteur dans un ensemble fait d’une glaise particulière, troublante, physique et forte.   Ce 3ème roman est incroyable. Maud choisit ses mots avec brio. Elle sait jouer sur la dramaturgie, le mal. Lux m’a avalé comme cette vague, ce tsunami qui emporte tout sur son passage. C’est puissant, dérangeant.

Pour ce qui est de l’histoire, Maud semble partir d’un postulat. La cruauté appelle la vengeance. 2016, Antoine revient à Ceduna, du sud de l’Australie 20 ans après y avoir connu  la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur. L’adulte n’a rien oublié de ce que l’adolescent a vécu. Sous couvert de fin du monde, quelques personnages trainent autour d’Antoine. Ils sont ambigus. Jamais simples, psychologiquement graves, plus complexes qu’il n’y parait.  Surnommé Cockie, Allan Numereji, est un Aborigène hanté par une douleur incommensurable. Lark, la sœur d’Hunter, reste attirée par Antoine malgré le temps.  Et il y a Hunter. Celui qui a bouleversé la vie d’Antoine en 1996. Le souvenir d’un drame. Lux se découpe en 3 parties, 3 moments de la vie d’Antoine et est entrecoupé de flashbacks.

Lux est un roman apocalyptique. Une fin de monde troublante où portées par une catastrophe naturelle, les horreurs enfouies, viennent bousculer les monstres qui sautillent et se révèlent  page après page. Maud Mayeras bouscule par une écriture souvent poétique alors qu’elle nous plonge dans le chaos. C’est délicieusement déroutant. Ces descriptions sont étonnantes, puissantes. Chaque odeur, chaque couleur est présente.  La chaleur, la peur. Le dégout, l’amitié. Dans cette ambiance lente, les sentiments prennent le pouvoir, les rebondissements scotchent le lecteur.

Alors oui, cette chronique ne traite pas d’une nouveauté. Mais finalement, partager l’émotion autour d’un bon roman, c’est déjà pas mal.

Editions Anne Carrière

 

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