NE PRONONCEZ JAMAIS LEURS NOMS – Saussey

Une écriture maitrisée, un auteur sûr de soi, sachant manier le stress pour faire monter la tension  crescendo. Jacques Saussey démontre tout son savoir faire pour ce qui est d’être à la limite de la rupture dans la relation entre les personnages et le lecteur.

Daniel Magne muté au pays basque se noie dans l’alcool. Il est le témoin d’un attentat en gare de Biarritz, tandis que la lieutenant Lisa Heslin couve sa progéniture à venir, en Suisse, loin de tous. Magne, blessé, est kidnappé par le suspect. Lisa quitte sa tranquillité pour sauver le père de son futur enfant.

Dès le premier chapitre, je me suis retrouvé plongé au cœur de l’action. Porté par des courts chapitres qui se succèdent à une vitesse effrénée. Je me suis découvert englouti dans un polar extrêmement noir. Au cœur du Noir. A travers les personnages qu’il met en scène, les porteurs de parole de ce roman, Magne, Lisa (voir La Pieuvre, nécessaire à mon gout) et ce psychopathe meurtrier, Jacques fait sombrer le lecteur au plus profond de l’intime, des peurs primales, de la violence animale.  Ce récit à plusieurs voix percute le lecteur. Du fond sa prison, celle de Daniel n’est que souffrance, celle de Lisa dehors, douleur et celle du Tueur, certainement réunit les deux.  Mais ce qui est terrible, extra (hors) ordinaire, est bien ce tueur, que l’auteur dessine sous mes yeux.  Quand celui-ci explique méthodiquement et froidement ce qu’il va entreprendre, il n’y a pas d’empathie possible. Aucun honneur, juste la haine qui jaillit, une violence aveugle qui trouve ses sources au plus profond de lui. Et c’est bien là le tour de force de jacques. Décortiquer avec méthode, les ressorts psychologiques de ses personnages, aller à la source de l’humanité quand pour l’un ce mot ne revêt aucun sens et que pour les autres, il représente la quintessence de leurs survies.

Ne Prononcez Jamais Leurs Noms,  s’inscrit dans l’air du temps. Sous couvert de vengeance, on y enchâsse, attentat, destruction, violence et rebondissements multiples, mais surtout un questionnement fort qui résonne chez le lecteur.  Faut-il pour autant mentionner les responsables de ces actes ?  Au-delà de l’histoire de ces groupuscules (avec un écho particulier aux 2 romans de Marin Ledun) il demeure un personnage en plus, le pays basque dans une ambiance lourde et pesante.

Enfin, reste le roman noir d’un sacré auteur, qui s’avale et secoue dans une ambiance post-Charlie. Définitivement, Jacques Saussey est doué.

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