LA MENACE BLACKSTONE – Pavlowski

Voici une chronique délicate. Ne pas juger tout en laissant filer mes impressions vers les lecteurs et l’écrivain. L’exercice n’est pas sans risque.

La guerre civile gronde, une sombre et discrète société d’investissement semble tirer les ficelles d’un complot à l’échelle mondiale. Manipulation des opinions politiques et financières, communautarisme, techniques financières et informatiques, toutes les thématiques sont bien présentes dans cet ouvrage pour faire un bon thriller. Côté écriture, c’est fluide, avec ce qu’il faut de dialogues. L’histoire est documentée sans pour autant que le lecteur soit noyé par la technique. Côté rythme, le compte à rebours cadence ce roman.

Pour ce qui est des personnages principaux, ils présentent des caractéristiques assez habituelles de héros. Le bord de la rupture et les fêlures avec une résurgence, un besoin de révéler leur talent. Flic et journaliste enquêtent indépendamment l’un de l’autre.  Pauline Rougier, de la Brigade Anti-Terroriste et Jack Campbell, du New York Times. L’une est au bord du burn-out suite au décès de son mari, l’autre combat son alcoolisme aux AA. Campbell est aidé de Thomas Delvaux, génie de l’informatique.  Mais, n’en disons pas davantage, la 4ème de couv’ décrit très bien le contenu.

La Menace Blackstone a tout pour être un bon roman. Pourtant je dois avouer avoir ressenti un problème de structure. On passe un tiers du temps avec Pauline puis on saute littéralement avec Jack et Delvaux, pour revenir ensuite à l’union des 3. A mon avis, mais ce n’est que le mien, La Menace Blackstone aurait gagné en vivacité, en intensité en distribuant ces personnages tout au long du roman.Moralité, il y a comme une sorte d’abandon du personnage principal, Pauline, qui s’accentue au fil des pages de la seconde partie.

Si les personnages sont un peu trop caricaturaux à mon gout, c’est davantage le manque de suivi de leur description initiale qui m’a gêné. Concernant les secondaires, Ziegler, Hanna, Kamel, Tarek Laïd et même Lavalette, nombreux sont ceux qui manquent un poil de consistance. Ils auraient mérité plus de profondeur de manière à ce que l’empathie ou le mépris du lecteur fonctionne à plein.

Mais comprends moi bien, lecteur de cette chronique, comparer cet ouvrage par rapport à un Clancy et avoir les mêmes attentes révélerait une aberration. Cela reviendrait à comparer un déjeuner dans un restaurant étoilé réalisé par un chef avec une armée de commis et un déjeuner dans une auberge de province. Certes, on y mange avec plaisir, mais l’expérience n’est en rien similaire. Nos attentes sont différentes suivant ce que l’on sait des moyens mis en œuvre pour nous satisfaire.

Il en va de même pour ce thriller. Sylvain Pavlowski est un artisan. Certes, il manque un peu de maitrise, mais il souffre surtout, selon moi, des symptômes de l’auto-édition, un manque d’entourage pour un 1er roman. La thématique et l’envie sont présentes. Mais ce roman manque un peu de puissance qu’une plus solide structure aurait peut-être pu amener. Gageons que le tome 2 des aventures de Pauline Rougier corrigera tout cela, car cela reste un bon moment de lecture.

Editions Publishroom

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