MEDECIN DU RAID : Vivre en état d’urgence – Langlois

Une fois n’est pas coutume, je chronique un livre qui n’est pas un polar. Hasard du calendrier, ma lecture de Médecin du Raid : Vivre en état d’urgence de Frédéric Ploquin et Matthieu Langlois s’est faite la veille de la commémoration de cet outrageant attentant du 13 Novembre.

Que dire ? Parler des frissons qui m’ont parcouru ? Non. Surfer sur le sensationnalisme en aucun cas, d’autres l’ont déjà fait et ce n’est pas le genre de la maison. Vous donner envie de lire le témoignage digne et franc d’un homme pudique qui rend compte du courage des hommes du RAID, de leur sang-froid et de leur professionnalisme ? Oui sans hésiter.

Les quelques heures d’horreur de l’intervention au Bataclan sont le fil rouge de ce livre qui alterne avec les réflexions de l’auteur sur des faits passés, toujours violents, où le sang-froid et l’organisation requièrent des qualités humaines hors normes. Ce témoignage est poignant. Celui d’un homme en noir, qui s’appuie sur une équipe à la solidarité hors-norme. Au-delà de l’homme, ce qui ressort de ce livre est la fraternité d’une famille qui est en première ligne lors de chaque intervention et l’abnégation dont elle fait preuve.

C’est bourré d’humilité, direct. L’écriture est fluide, minutée. Langlois rend compte de ce qu’il a vécu durant ces moments extra-ordinaires (au sens premier du terme). Les décisions prises et le poids de leurs conséquences. Matthieu Langlois retrace également l’histoire de l’intégration des médecins dans ces équipes d’intervention, les prérequis à la sélection, la solidarité qui s’en suit. C’est sans aucune concession qu’il pose son regard sur les actes qu’il a entrepris, réussis ou manqués avec un unique objectif sauver des vies, celles des victimes mais aussi des opérateurs du RAID. En situation de crise, il faut savoir s’adapter et avoir une confiance sans faille dans le professionnalisme de l’autre. Le danger requiert préparation et adaptation. L’humilité coule des pages, tous les acteurs, de la chaine de commandement aux opérateurs, savent que rien n’est gravé dans le marbre, qu’outre une préparation physique hors norme, un sang-froid de tous les instants est nécessaire. Son job, réfléchir au dispositif médical à mettre en place, procéder à l’évacuation des blessés et à postériori, savoir s’améliorer après en analysant l’intervention.

Exit la légèreté, ce témoignage est vibrant et je ne peux qu’avoir en fermant ce livre qu’une pensée pour les victimes et qu’un hommage appuyé à ces hommes de l’ombre.

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