DIEU PARDONNE, LUI PAS – Petroski

Béni soit le retour de Requiem. Un tome en sa compagnie est assurément un moment de bien-être. Je me suis surpris à pouffer, pour ne pas dire rire tout seul dans mon coin. Dieu pardonne, lui pas aurait pu tout aussi bien se nommer Mon curé chez les putrides.

Alors quoi que c’est Dieu pardonne, lui pas ?

En gros, car je ne vais pas te dévoiler le truc, c’est une poilade  polarisante sur fond de docks, de groupuscule néo-nazi et d’histoire de meurtre. Intrigué par un fait divers, un docker accusé de meurtre, notre prêtre exorciste préféré, perfecto sur le dos, Doc Martens sur l’accélérateur de sa Ford Mustang, fond sur le Havre.

A travers un hommage appuyé aux dockers et aux luttes syndicales – je ne connaissais pas Jules Durand – Stanislas Petrosky plonge Esteban Lehydeux dans une boîte d’import-export louche. Très louche. Les salariés sont étrillés et certains triés sur le volet officent dans l’ombre. Ça fleure bon le trafic d’armes et avec des relents nazis.

Les personnages secondaires sont taillés sur mesure. Il y a de quoi rabattre à grands coups de goupillon dans la sacristie tant chez les méchants tordus que chez les sympathiques assimilés collaborateurs de Requiem. Et si certaines semblent avoir le jupon léger, notamment une jeune femme si mal fringuée qu’elle nécessite d’être déshabillée sans cesse, c’est toujours pour la bonne cause. Tu l’auras compris, il y a bien entendu un lot de galipettes.

La chair est faible, mais l’âme s’élève. Et si Petrosky fait couler davantage de bière que d’eau bénite entre ses pages, c’est pour faire laver l’aspect glauque du sujet en un éclat de rire.

Comme pour le 1er tome, le récit est rythmé, la plume vive et le langage pour le moins fleuri. Tourne les pages de cette œuvre et tu constateras que l’on fait dans le grossier mais pas dans le vulgaire. La nuance est de mise. La gouaille est sans pareille (mis à part les aventures de San A bien entendu). Le fait qu’Esteban s’adresse sans arrêt au lecteur ne fait que rehausser la promiscuité qui s’installe entre nous. Ce niveau de familiarité est à mon sens agréable. Que dis-je généreuse !  Ce roman s’avale comme une grande lampé de whisky écossais. C’est plein de saveur et ça réchauffe.

Editions Lajouanie

JE M’APPELLE REQUIEM ET JE T’… – Petroski

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