LE JOUR DES MORTS – Lebel

Suspens, humour, émotion et une intrigue de qualité pour ce deuxième volet où je retrouve avec un grand plaisir Mehrlicht et ses lieutenants, Dossantos et Latour.

Nicolas Lebel travaille. Il construit habilement son polar avec une réelle épaisseur. Souvent dramatique et parfois burlesque, toujours sur une période courte, il joue avec un timing serré dans lequel il intègre des nombreux rebondissements – le tout autour de la Toussaint, le Jour des Morts. C’est vif et remarquable. L’écriture est toujours riche et rythmée. L’intrigue est aux cordeaux tout comme ses personnages. Pas de chapitre court pour donner du rythme. Les dialogues nombreux y suffisent amplement.

Mehrlicht a toujours des bons mots en bouche quand il n’a pas une gorgée de Côte-Rôtie dans le gosier, qu’il partage avec son pote Jacques qui se meurt d’un cancer à l’Hôpital Saint-Antoine. Fort en gueule, misogyne, inapte à la vie de province et rivé sur ses Gitanes, il est, à nouveau le pivot de ce roman. Doté d’un grand-cœur, abrutissant les stagiaires, il sait compter sur une équipe aussi réduite que soudée. Un trio ancré dans une fidélité à toute épreuve.

Le jour des morts, c’est d’abord une 1ère intrigue. Dans le couloir de l’hôpital où se meurt Jacques, un patient est retrouvé mort, empoisonné. Ce n’est pas la 1ère victime.  Hommes, femmes ,enfants sont victimes d’une empoisonneuse. Elle accumule les décès. Et nous voilà plongés dans un règlement de compte qui court sur plusieurs générations pour nous mener dans un coin perdu du Limousin. En parallèle, Nicolas Lebel, rehausse l’intrigue savamment par l’intermédiaire d’un collectionneur passionné de livres anciens, par la vie de Latour et de son amoureux sans-papier, par Dossantos et son passé, par Matiblout et son besoin de reconnaissance politique ou par Guillaume le nouveau stagiaire.

Voilà. Tous les ingrédients sont là. Après seulement quelques pages, l’alchimie prend. Lebel sait rendre crédible son intrigue, il nous remue les sens. Nulle question de science, juste une atmosphère sombre froide et pluvieuse de ce mois de Novembre. Ses personnages ont une véritable épaisseur. Qu’il s’agisse de vengeance ou d’impuissance face à la mort, Lebel sait être juste dans les émotions. Preuve en est, les échanges entre Mehrlicht et Jacques m’ont cloué lors de leur mise en place de leur opération Halloween. Les larmes me sont venues tout autant que le rire.

Le jour des morts, est un excellent polar. Osons le mot ! Mais ne lui donner que l’impression qu’il traite de pouvoir, de justice, de vengeance et de mort ne serait pas lui rendre grâce. Ce roman est aussi un vif plaidoyer contre la peine de mort. Merci Nicolas pour ce rappel de Victor Hugo.

 

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