TOXIQUE – Tackian

Toxique – adjectif et nom masculin (grec toksikos, qui convient pour les flèches) – Produit ou substance nocifs pour l’organisme.

Deux histoires = un polar. Hiver 2016, Tomar Khan et son équipe sont appelés pour le meurtre d’une directrice d’école maternelle. Une enquête simple à première vue. La veille, le commandant Kahn a puni un violeur multirécidiviste en dehors de toute procédure dans une forêt sombre. Le flic est bordeline incapable de s’investir émotionnellement, pourtant il est respecté par son équipe.

Nicolas Tackian va au plus simple. En style comme en écriture. Fluide, sans effet sur-joué. Il s’attache à l’efficacité. Ses chapitres très courts donnent un vrai rythme au livre. Toxique se dévore. Ces descriptions sont cinématographiques. Il use des codes du polar pour bâtir son intrigue et ses personnages – rien d’anormal pour un scénariste.

Son flic est bien entendu atypique. Il s’est construit sur un passé brisé. Sa seconde a des sentiments pour lui. Tomar et Rhonda forment un duo qui n’est pas sans rappeler Sharko et Henebelle à leurs débuts (Tackian & Thilliez collaborent à l’écriture des scénarios d’Alex Hugo). Nombreux sont ses personnages torturés, qui trainent des passés chargés. Ils bénéficient tous de leurs petites histoires, parmi eux, Tomar bien plus intéressant qu’il n’y parait au premier abord et l’autre héroïne toxique.

C’est au niveau de l’ambiance que Niko Tackian se détache du lot. Il joue sur le réalisme et la proximité. C’est presque dans notre quartier que cela se joue. L’approche de notre quotidien, la juxtaposition du roman avec l’innocence des enfants, la maternelle, font leur effet. Cette approche délibérée joue sur le lecteur. Il se projette aisément dans cet ersatz d’intimité pour ensuite couler dans une ambiance glauque pétrie de violence. La violence apparait sous toutes ses formes. Brute, physique mais aussi insidieuse. Les sociopathes et les secrets enfouis grouillent entre les pages de ce polar classique dans le traitement mais original pour ce qui est du personnage principal.

Me concernant, deux points saillants.

  • J’aurais aimé voir la relation Tomar / Rhonda plus conséquente tout comme celle entre Tomar et Ara (sa mère)
  • J’ai été un poil frustré par la fin. Mais à y réfléchir, elle laisse libre court à une suite. Ce qui en soi, serait une bonne nouvelle.

Editions de l’Epée

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