CYANURE – Loison

Laurent Loison est un joueur. Il joue avec ses personnages comme il s’amuse du lecteur. Il est imprévisible, surtout, il se fait un plaisir à être où on ne l’attend pas. On le savait taquin avec Charade, avec Cyanure, il continue à aborder ce registre créatif et dynamique, qu’il maitrise particulièrement bien, le thriller.

Le résumé, passez voir la 4ème page. Sachez que ça tire juste et de très loin avec un doigt de Cyanure et au milieu de la cible un ministre mort. Donc cause + effet =  le meilleur flic de France est chargé de l’enquête.

Je retrouve avec plaisir le 36 quai des Orfèvres, Florent Bargamont et son équipe, dont Emmanuelle, filleule de Maurice de Quezac, ministre que j’avais abandonné avec l’opus précédent.

danger

Cyanure est un package mitonné aux petits oignons. Il y a le livre, l’histoire et l’expérience littéraire.

Le livre, c’est toujours un bonheur de recevoir un exemplaire chez soi, dédicacé. Merci les éditions Hugo !

Côté histoire, c’est solide et maitrisé. Le lecteur suit avec attention, les héros qu’il a quittés. L’attachement fonctionne à merveille. C’est addictif. Car coté écriture, la tension monte au fil des pages, les cadavres s’accumulent sans pour autant abuser de facilités sanguinolentes et guignolesques. A travers Bargamont, l’auteur se fixe un style en soi. Le livre est à l’image de son personnage principal. Il y a du tempérament et une franche dynamique.

Mais convenir que Cyanure s’arrêterait là, aurait été un peu court. Ceux qui ont déjà lu Laurent, se doute qu’une partie de l’intérêt de cet ouvrage n’est pas que dans les pages.  Les autres, cavalez vous forger une idée. Cyanure ouvre une nouvelle porte. Il s’agit là d’une véritable interaction avec le lecteur.

J’ai longtemps soutenu dans mon blog que le numérique pouvait offrir une relation plus interactive entre le lecteur et l’auteur sans pour autant plonger dans le jeu de rôle pathétique et post acnéique. Je suis persuadé que le changement de support peut se révéler comme une opportunité à l’écrivain qui sait écrire autrement.

C’est exactement ce que Laurent pose dans ses romans. Sous couvert de petites touches, il fixe notre attention. Mais surtout nous propose de nous engager dans une aventure littéraire, de nous interroger sur le fond, et au delà, de faire un choix. Comme tout choix, il nous faut l’assumer.

Le poison s’insinue. On ne lit plus de la même manière ensuite.

Quant à cette fin !! Juste pour cela, il faut se jeter dans le bazar. Le dévorer jusqu’à plus soif et surtout se tenir prêt à une expérience hors du commun, une fois la dernière page tournée. Car, finalement, la fin n’est peut-être un début.

 Editions Hugo Thriller

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