PROJET ANASTASIS – Vandroux

Partez d’une fiction pure, mettez-y un héros trouble, Legarec, porté par une souffrance, ajoutez quelques relents d’idées nauséabondes des années 40, une once d’actualité avec quelques attentats, une pincée de scientifiques allumés dont les trouvailles sont aux mains de capitalistes assoiffés de pouvoir, rehaussez cela par le jugement désespéré de nos concitoyens envers leurs hommes politiques aussi avides qu’ambitieux, secouez le tout avec vigueur et vous obtenez le Projet Anastasis.

Jean Legarec ancien para, à la tête de son agence privée de renseignements, est chargé d’enquêter sur la disparition d’un enfant, Alexandre, enlevé à la suite d’un attentat perpétré à Notre-Dame de Paris. Alexandre est le petit-fils d’un homme politique influent. Pourtant sa disparition n’a fait l’objet d’aucune alerte. Aidé par la tante de l’enfant, Jean plonge dans un complot qui le baladera entre Paris, les Vosges, l’Alsace, en passant par la Bretagne, l’île de Malte. Un complot où les politiciens sont corrompus, les porte-flingues n’ont pas de scrupules, les grands patrons ont des rêves fous, où les scientifiques manipulent des notions qui prennent racines dans ce que le  3ème Reich avait de plus terrifiant.

Espionnage, action, zeste de romance font du Projet Anastasis un bon mélange. La construction du roman est juste. Le scénario établi est maitrisé, l’écriture très visuelle. Avec une bonne dose de rebondissements (parfois rocambolesques) et des révélations, émergent de ce texte un rythme et un suspense haletant.

Les personnages évoluent vers ce qu’ils sont. Les méchants deviennent pourris et les gentils, vivants. Jean Legarec, n’est pas forcément le héros le plus sympathique au départ, mais il forge son personnage de héros au fil des pages.  Il est rehaussé par la présence de ses collaborateurs, Margot qui a bâtie sa personnalité sur ses épreuves personnelles et Michel qui rêve de sa Provence. Tous deux distillent une pointe d’humour qui égaille les pages. La tante, Béatrice, souffre à mon sens d’une relation cousue de fil blanc, dommage. En revanche, les personnages secondaires, l’historienne allemande, Lucien, le grand-père de Béatrice, les mercenaires, les retraités et les diplomates sont délicieux. Ils donnent corps au roman. Reste le côté obscur. Et là Jacques vandroux s’en donne à cœur joie. Clairval père et fils sont très bien travaillés. On aime les détester tout comme MacCord et son égo. Reste malgré tout un regret me concerne. Alpha. Il aurait pu tenir ce thriller dans ses mains. Il aurait pu être l’alter égo de Jean. Ce personnage, à lui seul aurait mérité que Jacques Vandroux s’y arrête davantage.  Mais bon, il signe là un page-turner de bon niveau, facile d’accès et offrant un très bon moment de lecture. Et c’est déjà très bien.

Éditeur Robert Laffont

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